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  • lapinblanc

No Entry, le speakeasy de Pink Mamma



Big Mamma, la grande discorde des Parisiens…

« Sérieusement, tu veux nous faire faire plus d’une heure de queue pour des pâtes et des pizzas ? – Oui, mais c’est tellement bon… » Il y a ceux qui, malgré tout l’amour qu’ils portent à la cuisine italienne, et malgré l’aveu de s’être vraiment régalés chez Big Mamma, n’y remettront plus les pieds, ulcérés par l’impossibilité de réserver, et puis il y a ceux qui seront toujours capables d’attendre sous la pluie une heure avant l’ouverture pour obtenir une précieuse table dans l’un des restaurants du groupe. Je suis de ceux-là, prête à tout pour une bonne burrata. Et enfin il y a quelques ingénus qui viendront directement au restaurant sans se poser de question et seront bien étonnés de se faire refouler. « Vraiment ? C’est déjà plein ? Pour TOUTE la soirée ? Ah zut alors, ça avait l’air sympa. Et demain… ? Ah bon, on ne peut pas réserver ? Zut alors, ça sent vraiment très bon. » Pour vous, chers candides amis recalés du Pink Mamma (le Big Mamma de la rue de Douai dans le 9ème), j’ai un plan B qui vous enchantera les yeux et le palais à défaut de vous remplir l’estomac. Faites quand même un petit tour dans les étages du restaurant, juste pour vous donner envie de revenir, plus avertis, en profiter : surpopulation de tableaux et affiches hétéroclites dans les escaliers, ribambelles de bocaux suspendues à chaque étage, grande verrière couverte de feuillage au dernier, subtile alliance de lustres vieillots et de lampes néo-indus’ tendance, faïences italiennes bigarrées sur les tables, fauteuils en rotin tout autour, et serveurs sympas en tablier rétro… C’est foisonnant, verdoyant, étincelant, appétissant, rafraîchissant ! On dirait la véranda d’une grand-mère napolitaine redécorée par son petit-fils brooklynien.


Mais ce sera pour une autre fois. Redescendez au rez-de-chaussée et descendez encore d’un étage par l’escalier qui se situe près de la porte. Mettez une petite laine et poursuivez votre chemin jusque dans la chambre froide du restaurant. Faites coucou à la carcasse de votre prochain steak derrière la vitre. Au fond du couloir se trouve une porte qui comporte un petit panneau : « No entry ». « Ah bon ? On ne peut pas entrer ? Zut alors. » Non, ne rebroussez pas chemin ! Faites fi de cette interdiction et franchissez effrontément cette porte.


Vous voilà cernés par une armée de grosses bonbonnes où infusent fleurs, plantes et épices en tout genre, dans la pénombre pinky d’un speakeasy cosy. Parés de tabliers fleuris, les barmen italiens vous préparent des cocktails qui sont jusqu’ici mes préférés de la capitale : équilibrés, savoureux, originaux, ils se déploient sur une carte colorée avec des noms rigolos (« C’est saké bon », « The big Negrowski»), et sont dressés avec élégance dans une verrerie raffinée, avant de vous être servis avec le sourire. Pas besoin de faire la queue pour passer un peu de temps dans cette herboristerie éthylique clandestine… de quoi réconcilier les plus sceptiques avec Big Mamma.



No Entry, Pink Mamma

20 bis rue de Douai, Paris 9ème

Ouvert tous les jours de 19h à 2h

Cocktails 13-16 euros

https://www.bigmammagroup.com/fr/bars/bar-no-entry

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