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  • lapinblanc

L'Ours

Mis à jour : 13 sept. 2018

Lassés du béton et des gaz d’échappement parisiens, vous rêvez d’une promenade dans les bois ? J’ai ce qu’il vous faut, et sans aller bien loin. Il suffit de franchir le périphérique. Arrêtez-vous à la station Château de Vincennes, ligne 1, et gambadez jusqu’à la rue de l’église pour aller à la rencontre de l’Ours.


À l’orée du restaurant, vous êtes effectivement accueillis par un impressionnant ours noir, dressé sur ses pattes arrière. Pas de panique : on vous explique que ce n’est pas un trophée, mais que sa mort fut naturelle (c’est important de le préciser), et on vous montre le chemin. Vous pénétrez alors dans la pénombre d’un couloir boisé aux senteurs de mousse, de terre fraîche, d’écorces humides et d’herbe coupée, qui s’ouvre sur un grand salon lumineux, clairière féérique parsemée d’énormes bouquets de fleurs des champs et de branchages, disposés sur quelques tables bien espacées. Au fond à droite, sur une large porte coulissante, scintille l’épure d’une gigantesque tête d’ours qui mène, pour les plus aventureux, à l’antre de la bête : une obscure cuisine ouverte où l’on s’affaire pour vous préparer un vrai festin des bois.


Guidés par des hôtes chaleureux et attentionnés, vous gagnez votre table, où vous découvrez un couteau de chasse dans son étui de cuir. Aucune chair revêche ne nécessitera cependant la puissance de cette griffe, car dans votre vaisselle de grès et de pierre, vous ne verrez défiler que des plats délicats, subtils équilibres de saveurs et de textures rehaussés de surprises sylvestres, fleurs, feuilles et pousses. Au menu de l’Ours, on trouve quelques souvenirs de ses pérégrinations asiatiques : l’espuma de yuzu bordant une raviole de langoustine, le bouillon de dashi versé sur un foie gras poché diablement fondant accompagné d’une brioche feuilletée généreuse et croustillante (signature du chef, un régal !), ou bien encore le charbon de bambou qui vient donner sa couleur de cendre à une douceur chocolatée. Mais ne vous y trompez pas, il n’y a que de la fraîcheur dans les desserts, entre les farandoles de fruits frais de saison et les glaces et mousses aux parfums acidulés, mariant par exemple le citron à la coriandre, ou la pêche de vigne à la verveine. Le décor autour de vous comporte lui aussi quelques surprises : une cave en colimaçon qui, sous son disque de verre, s’enfonce dans les profondeurs de la demeure ; des pans de murs qui pivotent pour dévoiler une belle collection d’armagnacs et autres spiritueux bien gaulois.


Bref, vous ne regretterez pas votre échappée bucolique dans le repaire de Jacky Ribault, le lieu idéal pour s’imprégner de parfums sauvages tout en savourant le savoir-vivre et le raffinement d’un grand restaurant, qui ne tardera pas à briller sous les étoiles...




L’Ours

10 rue de l’église – Vincennes

Ouvert du mardi au samedi, midi et soir.

http://loursrestaurant.com/

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